Hillary Clinton: «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort»

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Kadafi

Il y a tout juste cinq ans, le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi a été assassiné. Une belle victoire de la démocratie… de la démocratie à l’américaine qui va traditionnellement de pair avec des crises de toute sorte. Depuis la mort de Kadhafi, le pays demeure dans un état déplorable.

« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort », avait lâché Hillary Clinton, alors secrétaire d’État américaine, après avoir appris la mort du colonel libyen Mouammar Kadhafi. En s’expliquant sur Fox News plus tard, elle avait assuré que Washington ne savait même pas ce qui s’était passé. Mme Clinton parlait alors de la nécessité d’enquêter sur la mort de Kadhafi. Et pourtant, aucune enquête n’a été menée. La nouvelle Libye n’a pas su retrouver la paix, ni la stabilité politique. Il n’y a pas pour le moment un seul des trois centres de pouvoir en Libye qui contrôlerait le territoire du pays en entier.

Mme Clinton n’était pas la seule à vanter ses acquis en Libye. Selon le premier ministre britannique de l’époque David Cameron, c’est le Royaume-Uni et la France qui ont dû prêter main-forte à la Libye.

« Maintenant, alors que votre courage a écrit le dernier chapitre de l’histoire libyenne, il doit écrire le prochain; et vos amis en Grande-Bretagne et en France seront à vos côtés alors que vous construisez votre démocratie et bâtissez votre pays pour l’avenir », a déclaré M. Cameron lors de sa visite en Libye juste après le renversement de Kadhafi. Cinq ans se sont écoulés et désormais, la crise économique coïncide avec le chaos politique, sécuritaire et migratoire en Libye. Le président américain Barack Obama a été le premier à reconnaître que les Occidentaux n’avaient pas préparé comme il se doit « le jour d’après ». « Ma pire erreur aura probablement été de n’avoir pas mis en place un plan pour le « lendemain », après ce qui fut, je pense, une intervention justifiée en Libye », a confié le président américain dans un entretien accordé à Fox News.

Riche en ressources pétrolières et gazières, la Libye représente pour autant aujourd’hui un pays où la plupart de la population vit sous le seuil de pauvreté et souffre du chômage. Les salaires sont payés en retard, les projets d’investissements ont été gelés. En 2015, le déficit budgétaire a dépassé 60 % du PIB. Les revenus pétroliers ont chuté de 50 %. Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset compare la situation économique dans le pays sous Kadhafi et après:

« Avant le déclenchement de la guerre civile en Libye, c’était quand-même un pays qui avait le meilleur indice de développement humain de tous les pays d’Afrique. Donc on était quand-même dans quelque chose qui fonctionnait relativement bien pour la grande majorité de la population… Globalement la situation était plutôt favorable à une bonne partie de la population. Et puis depuis le renversement de Kadhafi tout ce qui était considéré comme les progrès — progrès économique ou progrès social ou progrès santé ou progrès éducation — a disparu ». Le chef de la Grande Jamahiriya a été assassiné de manière barbare et humiliante. Des forces rebelles soutenues par l’Otan seraient derrière sa mort. L’intervention militaire du Royaume-Uni en Libye en 2011 était fondée sur des « postulats erronés », estiment aujourd’hui des parlementaires britanniques ayant publié un rapport critique en septembre dernier. La préoccupation d’un nombre de plus en plus important d’Européens porte sur son héritage dont le coup dur est violement ressenti actuellement dans l’UE.

« Il est évident que s’il y était resté un régime fort en Libye, quel que soit ce régime, que ce soit celui de Kadhafi ou de quelqu’un d’autre, ces flux de migrants n’auraient pas été autorisés à passer et les passeurs, qui sont sur les côtes libyennes, dans le golfe de Syrte n’auraient pas pu travailler comme ils travaillent actuellement. Donc on peut considérer que le renversement du régime de Kadhafi ou le non-remplacement du régime de Kadhafi par un régime étatique solide est une des raisons qui causent ces flux de migrants », conclut l’expert.

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Sputnik News
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